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Hôtellerie-restauration : 100.000 salariés manqueraient à la réouverture

Hôtellerie-restauration : 100.000 salariés manqueraient à la réouverture

Par crainte de l'avenir ou parce que leurs aspirations ont changé, certains salariés ont disparu des radars de leurs employeurs.

Si les clients semblent prêts à revenir, les restaurateurs craignent que ce ne soit pas le cas de leurs salariés. Selon une étude menée par les quatre organisations patronales représentatives du secteur ce sont près de 100.000 salariés qui pourraient manquer à l'appel au moment de la reprise de l'activité, annoncée pour le 19 mai.

L'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), le GNC, (Groupement national des chaînes hôtelières), le GNI (Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration) et le SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale) ont souhaité, avec cette étude, mesurer « les impacts de la crise sanitaire sur les besoins en emploi et en compétences pour la branche CHR ». Les conclusions sont alarmantes, puisqu'un grand nombre de restaurateurs constatent qu'après plus d'une année marquée par la pandémie et les fermetures à répétition, certains salariés ont décidé de changer de voie.

La crise sanitaire a pu les pousser à repenser leur quotidien et à se reformer, pour choisir un métier plus arrangeant en termes horaires par exemple. « On ne sait pas ce que nos salariés sont devenus, nous sommes sans nouvelles. (...) Le risque est qu'ils se plaisent dans leur nouvelle activité et qu'ils ne reviennent pas vers nous », souligne Franck Trouet, porte-parole du GNI.

Pascal Mousset, président du GNI Île-de-France, précise que ces difficultés de recrutement ont des causes multiples : nombre d'étudiants, qui n'ont plus eu l'occasion de travailler dans la restauration, se sont tournés vers d'autres secteurs pour financer leurs études, des contrats à durée déterminée (CDD) n'ont pas été renouvelés, des personnes proches de la retraite ont pu choisir d'écourter leur vie professionnelle en raison de la crise...

Les salariés du secteur sont pourtant protégés par le chômage partiel, qui leur permet de toucher une grande partie de leur salaire : l'indemnité est égale à 84 % du salaire net jusqu'au 30 avril. Mais malgré cette aide de l'État, l'incertitude sur la reprise plane toujours pour les restaurateurs qui ont demandé une dégressivité des aides afin d'amorcer une transition en douceur. Ces promesses ne semblent pourtant pas suffire à fidéliser une partie de leurs salariés. «Certaines régions seront plus pénalisées que d'autres par ce manque de main d'œuvre, souligne Pascal Mousset. Ce sont les zones touristiques qui en souffriront le plus.

La situation est d'autant plus préoccupante pour le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) que la pénurie de main-d’œuvre est un phénomène qui préexistait à la crise sanitaire. En 2016 déjà, le cabinet CHD Expert menait une enquête sur les difficultés de recrutement dans le secteur de la restauration pour en déterminer les causes. Il se dégageait de cette étude que selon 63 % des salariés, les entreprises du secteur ont du mal à recruter car les salaires sont trop faibles. Selon Pascal Mousset, ce sont, de façon structurelle, entre 60.000 et 80.000 postes qui restent chaque année vacants dans la restauration.

Autres éléments dissuasifs : les heures supplémentaires non payées (pour 51 % des répondants), les horaires (46 %) et le rythme de vie (43 %) trop contraignants. En 2018, une enquête de Pôle Emploi comptabilisait ainsi «286.000 projets de recrutement dans le secteur de l'hôtellerie/restauration, dont près de la moitié est jugée difficile à pourvoir». Un chiffre qui devrait donc encore se creuser.

Publié le 6 mai 2021
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